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Chronique / 14
01-12-2008

Revenons à nos moutons !

 
En léger différé* de la fête pastorale qui s'est déroulée à Marthod (Savoie) fin septembre, voici de quoi mettre de l'eau au moulin LocoBio.
*Cette chronique s'est égarée (comme un mouton)  dans les méandres d'internet entre son auteur et le webmaster du site d'ou un léger retard de publication. 
Echo d'un tondeur : « Aujourd'hui, la tonte est devenue une corvée. Ce n'est plus un revenu ». Pourquoi ? Car, une fois n'est pas coutume, le prix de la laine est déterminé par les cours mondiaux. En clair, les Australiens, les Néo-Zélandais et les Argentins fixent la donne. Commentaire à tout hasard : comment se fait-il que ce ne soit plus l'usage qui détermine la valeur ?

Même écho du côté de l'A.T.E.L.I.E.R (1) -professionnels du textile en général et de la laine en particulier- et explications effarantes : la laine est en effet souvent jetée car cela coûte plus cher à l'éleveur de l'apporter jusqu'au lieu de ramassage que de s'en débarrasser sur place. Quant à la vendre, c'est une moyenne de 60 centimes par kilo, soit pas de quoi fouetter le chat qui traque la souris au milieu du troupeau… Donc, c'est logique, cette laine est vendue pour fabriquer des tapis par exemple au Maghreb ; des tapis « typiques » comme disent les touristes ravis et cramés par leur séjour à Djerba la douce.

Un espoir, tout de même : la prise de conscience des consommateurs est confirmée aussi dans ce secteur. En effet, faut-il préciser que la laine est un matériau s'il en est naturel, local et  renouvelable à raison d'1 cm par mois ? Toutefois, les éleveurs suivent moins la tendance et cela semble bien normal car ils ont comme qui dirait la pression du chiffre. Ce n'est pas le seul obstacle : ils ne s'intéressent pas ou ne connaissent pas les variétés de bêtes qui donnent ensuite de la laine exploitable dans des conditions de travail correctes pour eux.

Dans les faits, on constate des actions bénéfiques, soutenues par l'Europe, comme pour le ramassage et le tri de la laine. De petites unités locales ont été créées dans ce sens. Néanmoins, il y a encore très peu de valorisation de proximité car les gens continuent à préférer le synthétique. Cherchez pas, docteur, c'est la tête… enfin non, c'est une question de pétro-culture dans les esprits. Qui dit valorisation locale dit aussi filière et lorsqu'une filière est destructurée comme on s'est appliqué à le laisser faire, le fil est légèrement rompu. Il faut du temps, de l'argent, de la volonté, enfin tous les joyeux ingrédients d'une bonne politique publique.

Au moins deux défis dans l'immédiat, donc : d'abord sensibiliser les éleveurs, les former tout comme les tondeurs. Et l'on retombe sur le rôle essentiel des instituts de formation et sur celui des chambres consulaires… Organiser ensuite le ramassage pour que la laine soit traitée localement.

 En définitive, qu'aurait à perdre chaque région à restructurer une filière laine ? Les usages sont multiples (linge, isolation domestique) et le jeu en vaut sans doute la toison.

Yolaine de LocoBio,
4 octobre 2008

(1) A.T.E.L.I.E.R signifie Association Textile Européenne de Liaison, d'Innovation, d'Echanges et de Recherche.

 
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