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Chronique / 1
11-04-2008
Des entreprises naturellement responsables ?
 
Lors du premier colloque grand public de l’association LocoBio qui s’est tenu récemment, j’ai proposé une solution parmi d’autres afin que notre région soit moins passive face à la mondialisation : développer des initiatives bio-économiques pour résoudre le problème de l’emploi local. Pas d’impatience : vous aurez bientôt sur le site la synthèse de mon intervention et celle de tout le colloque d’ailleurs (petits veinards !). Pas de panique, car j’imagine votre cerveau crispé et vos yeux perdus dans l’horizon lointain de notre devenir commun : qu’entend-elle par « initiatives bio-économiques » et en quoi ça a à voir avec l’emploi local ?



 

Bon, l’idée c’est globalement de soutenir la création de circuits économiques courts (directement du producteur aux consommateurs), mais pas seulement les fameux paniers avec la bouffe de la semaine. L’idée, c’est de relocaliser au maximum toutes les activités économiques car ça, c’est « bio », c’est-à-dire du côté du vivant au sens premier et plus large que le label. Moins de transport, donc moins de pollution : maintenant qu’on connaît la chanson, on fait quoi ? Eh bien ça ! Et ça peut être encore plus « bio » si deux conditions sont remplies : une production respectueuse de l’environnement et dont le cœur d’activité est justement des produits propres. Vive donc le tri, les plans de déplacements des salariés et autres actions pour produire plus proprement ! Quant aux produits écologiques (détergents, papeterie…), faudra-t-il encore qu’ils nous viennent de milliers de kilomètres ou allons-nous nous retrousser les manches pour les fabriquer nous-mêmes ? Donc, l’idée, c’est celle-là : relocaliser car c’est bon pour l’environnement et l’emploi. Ne pas hésiter à avoir de nouveau de petites fabriques de produits de masse dans chaque bassin de vie. Pourquoi pas ? Je terminai mon intervention sur une conclusion, il va sans dire, c’est-obligé-dans-ce-genre-d’exercice. La conclusion, c’était (je me cite ; elle est bien là, la limite du concept LocoBio : on tourne déjà en rond !?...) :

« On va consommer des produits de plus en plus écologiques car le standard évolue ainsi. L’enjeu est bel et bien de déterminer si ces produits écologiques vont continuer à venir de milliers de kilomètres ou si nous saisissons cette opportunité pour redynamiser notre développement et notre vie locale.
Pour saisir cette opportunité, il faudrait :  
1. Une conscience citoyenne qui s’exerce par des achats responsables.
2. Un engagement des pouvoirs publics pour soutenir préférentiellement les acteurs économiques engagés dans une démarche locale-propre afin que leurs prix ne restent pas hors de portée de la majorité.
3. Une prise de responsabilité des acteurs économiques, notamment des entreprises, qui peuvent choisir d’investir ici en misant sur la différence plutôt que sur la standardisation. »

Et voilà t’y pas que je tombe ce matin même sur un article publié dans la newsletter d’Actu-Environnement, intitulé, tiens tiens tiens …: « La responsabilité des entreprises face au risque environnemental : entre prise de conscience et tâtonnements » signé par un certain S.Fabrégat que je cite d’autant plus volontiers que voilà une partie de son analyse. Je ne résiste pas au plaisir de la partager avec vous, avec cette saveur que peut avoir un instant lorsqu’on se sent moins seul à défendre certaines idées : « Face aux risques sociaux, financiers auxquels sont confrontées les entreprises, apparaît aujourd’hui le risque environnemental. Ce « nouveau risque » qui s’impose désormais à la sphère économique est amené à prendre de plus en plus d’importance.
Le risque climatique est nouveau. Il n’est pas encore perçu comme majeur dans notre pays, alors qu’il est très considéré aux Etats-Unis par exemple. Cette situation est paradoxale, quand on connaît la position de l’administration américaine sur ce sujet,commente Jean-Pierre Hauet, président de KB Intelligences, qui intervenait lors du séminaire organisé mardi 8 avril par la revue Passages et l’association Adapes et qui avait pour thème le risque environnemental. Pourtant, les entreprises sont et seront de plus en plus mises face à leurs responsabilités dans ce domaine. D’abord par les citoyens et les consommateurs, représentés ou non par des associations et organisations non gouvernementales : la force de la société civile peut être considérable, note Jean-Pierre Favennec, directeur du Centre économie et gestion de l’IFP. Le boycott peut mettre une pression très forte sur l’entreprise. 
Aujourd’hui d’autres facteurs, externes aux entreprises, les incitent également à mieux prendre en compte le risque environnemental : des actions engagées par des tiers influent de plus en plus sur les activités des entreprises. Aux Etats-Unis, certains groupes ont vu leurs projets d’investissements contrecarrés par l’administration pour protéger l’environnement. Certains projets sont gelés, d’autres reçoivent moins d’aides. Certaines banques américaines, une minorité pour l’instant, prennent également en compte le risque climatique et le coût carbone dans leurs analyses financières. Des interventions en interne influencent également une meilleure appréciation de ce risque par les entreprises : les actionnaires exigent de plus en plus des justifications précises sur les actions des entreprises pour limiter le risque climatique. Ils redoutent des conséquences qui pourraient mener une entreprise à la ruine. »
Donc, je retiens que ma conclusion n’était pas si mauvaise (on n’est jamais mieux servi que par soi-même, précepte 1 de l’éthique pratique LocoBio !). Je retiens surtout que les responsables et les actions sont clairs : on imagine sans peine que les entreprises ne feront un effort, sauf exception, que gentiment poussées par de l’amélioration constante. Par qui ? Les consommateurs-citoyens que nous sommes et leurs bailleurs de fonds : collectivités publiques et établissements financiers que nous élisons dans un cas et que nous choisissons dans l’autre. Ah mais là aussi les consommateurs-citoyens peuvent jouer ! Pas possible ! Alors tous à vos choix responsables et rejoignez-nous : vous ne le regretterez pas !

© YdLB, locobio.org - Lundi 12 avril 2008.
 
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