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Chronique 46
14-12-2011
 Après le mois fou, Noël réenchanteur


  

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous l’aurez constaté, il n’y a pas eu de chronique en novembre. D’habitude terne, sans histoire, juste transitoire entre la rentrée à peine digérée et les fêtes de fin d’année, Novembre s’étire sur 31 longs jours.

Cette année, rien de tout cela. Novembre fut flamboyant de soleil, de sécheresse même. L’Isère en était presque devenue un ruisseau à ma surprise indicible. Et que dire de l’actualité politique, enfin je veux dire, de l’actualité économique ? Du flamboyant, au sens de jamais vu, et de la sécheresse, ça oui : dans les budgets, dans les programmes, dans les perspectives ; dans la démocratie, vidée de sa substance au beau milieu d’un silence vertigineux.

 


Car si je n’ai pas écrit de chronique en novembre, c’est parce que la sécheresse l’a emporté. Sincèrement, j’ai passé ce mois dans un véritable état de stupeur, à regarder le film de la « situation » se dérouler en me disant : « Ce n’est pas vrai ; ça va s’arrêter ». Et non. La film a continué. Il continue encore et je peine à sortir de ma saine sidération… sans que ce soit d’ailleurs un but car je le répète : elle me semble saine, elle !

En effet, comment aurai-je pu imaginer l’indigne pression exercée sur un premier ministre –grec, en l’occurrence- pour qu’il renonce à consulter par voie référendaire sa population au sujet d’un douloureux plan de rigueur ? Comment ne pas voir clairement les deux poids et les deux mesures au G20, à Cannes : le même premier ministre grec convoqué comme un sale gosse tandis que le Président de notre République bafouée accepte de se geler 10 minutes pour attendre son homologue chinois, en retard, sous les flashs et les caméras dubitatives ? N’avez-vous pas proprement halluciné en voyant Silvio Berlusconi contraint « par les marchés » de démissionner, et les Italiens fêter ce départ tant attendu dans la rue… alors qu’un nouveau Président du Conseil –bien sous tous rapports et certainement pas élu- prenait la tête du pays ? Lequel Président du Conseil a récemment affiché des airs de pénitence pour annoncer qu’il renonçait à son salaire afin de donner l’exemple, d’être lui-même solidaire. C’est admirable. Si je n’avais qu’un mot pour qualifier cette abnégation, je dirais qu’elle est admirable. Mais enfin… quelle image est donc donnée de la politique ?: les « marchés » décident, pètent de graisse dans leurs bulles successives, et le personnel politique se convertit au bénévolat ! Comme s’il n’y en avait pas déjà assez, du bénévolat. Sans lui, cela ferait bien longtemps que les économies dites développées se seraient effondrées.

Effarée. Je suis effarée. L’adoption de la « règle d’or » budgétaire –encore des mots épiques pour une bien sinistre épopée- et le récent accord pour maintenir coûte que coûte une zone euro a minima –vraiment plus peur de la honte et de l’indécence- ne vont certainement pas rompre cette sensation. L’importance accordée par les milieux politiques et médiatiques aux agences de notation, à leurs menaces rituelles sur la note des Etats et autres collectivités publiques maintient un climat de peur. Jamais je crois n’avoir ressenti, en ce novembre si long et flamboyant qui déborde désormais sur décembre, une telle prééminence du hors-sujet. On focalise sur de faux problèmes. On persiste à utiliser de mauvais cadres d’analyse. On associe Eva Joly à un catastrophisme anti-sexy, on l’égratigne sur la raideur de ses valeurs. Même son passé est louche : c’est vrai, c’est pas terrible d’avoir été juge d’instruction. C’est sûr, vaut mieux être un gros plein de soupe en cravate, se répandant sur les plateaux de télévision et autres media asociaux en hoquetant : « Si la France perd son triple A, c’est la catastrophe ».

Dans un tel contexte, comment s’étonner que la rhétorique du Sauveur -et peut-être pas seulement la rhétorique- risque de prochainement l’emporter ?

La démission n’étant toutefois pas de mise, autant choisir de fêter Noël joyeusement. C’est-à-dire sincèrement et simplement. Fidèle à ma politique, car c’est de la politique, je vais vous faire part de bonnes adresses pour vous régaler et gâter les vôtres.

Mention spéciale à Esprit d’Ethik : Fred et Daphnée vous accueilleront dans leur boutique du centre historique, à Chambéry ; une boutique refaite à neuf, claire et chaleureuse. Ces deux-là sélectionnent avec goût vêtements, chaussures, bijoux, déco d’intérieur, etc… issus du commerce équitable Nord/Sud. Et de plus en plus Nord/Nord. Si, comme je l’espère, vous n’avez pas de sapin mort trônant au milieu de votre salon, vous pourrez ainsi vous en procurer un en bois flotté ou en spatules de ski récupérées. Très jolis et pas cher, ces sapins-là sont fabriqués par Wood Stock Creation à Annecy.

Mention spéciale à Fred et Daphnée aussi pour avoir organisé une petite soirée où les visiteurs ont pu déguster un buffet bio et local. Chapeau, vraiment chapeau car peu, si peu nombreux, sont ceux épris de cohérence de nos jours. Pour ce buffet, ils avaient fait appel à Pascale, de Biodiner . N’hésitez pas, vous aussi, à la solliciter car ses mets sont vraiment succulents et abordables. Côté régalade et cadeaux, ne pas oublier non plus un rendez-vous désormais bien établi : la Ronde Gourmande. C’est du 17 au 19 décembre au Manège et le nom est trompeur. Il n’y a pas que de la boustifaille ; il y a aussi des vêtements et chapeaux, de la céramique, des animations réalisées par les artisans. 

Enfin, pour sortir du consumérisme stérile, il n’est pas interdit et il est même souhaitable de faire des dons. Bien des causes sont louables. Force est de constater qu’elles ne sont pas prises en charge à égalité, ni par les pouvoirs publics, ni par les citoyens. Du coup, je préfère pour ma part donner voix au chapitre à ceux qui ont le malheur de ne pas partager le même langage que nous : les animaux. Donc, pourquoi ne pas donner de l’argent à la SPA la plus proche de chez vous pour, concrètement, permettre leur entretien pendant l’hiver et leur éviter la mort ? Pour leur donner une chance d’être adopté, de s’en sortir… peut-être comme l’Humanité finalement ?

 

Allez, tout de bon à tous et chacun dans son coin jusqu’à 2012.

 

©Yolaine de LocoBio

13 décembre 2011

 

 
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