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Chronique 89
10-10-2017

Gazer les cochons en paix

 

  

 

C’est vrai, quoi, ils nous ont dit qu’ils voulaient les gazer en paix… et ils n’ont que trop réussi.

La preuve ? C’est bien là que le bas blesse car les abatteurs professionnels se cachent, utilisent la propriété privée, la sacro-sainte propriété privée, pour se livrer à des actes immoraux sur des animaux; lesquels actes sont au passage la source de leur seul profit. Et,  paraît-il, de nos délices. Car qui, oui qui, renoncerait à ses chipos sur le barbeu(r)k en été, ou à sa tranche de jambon dans son croque-monsieur si mal nommé ?

 

Car ce qu’on croque, ça non, c’est interdit par la morale et par le droit, ce n’est pas le monsieur. C’est le cochon et, pas de bol pour lui, c’est autorisé par les deux. Enfin, ça dépend des religions, mais de toutes façons, si c’est pas le cochon, c’est autre « chose » qu’on croque, qu’on abat, qu’on élève, qu’on conçoit sans conscience.

 

Tout cela, on le sait. Encore que. Ça va mieux en le montrant. C’est vrai,, quoi, on n’a pas le droit de savoir ? A notre stade de développement, avec toute notre croissance et dans notre démocratie, on n’aurait pas le droit de savoir ? Faudrait donc continuer à consommer sans broncher, sans surtout la ramener ? Pourquoi, y’a un problème ? De savoir, de voir, ça nous ferait à ce point gerber et… horreur, moins, voire plus du tout consommer ?

 

Le droit de savoir, c’est précisément ce qui est en jeu dans le procès intenté contre des militants de l’association L214. Ils avaient introduit des caméras dans une cuve où les porcs sont gazés pour les étourdir avant la saignée. Vous voyez un peu le crime. Le monde à l’envers, oui. Et le pire, c’est que le procès, ils l’ont perdu. Bon, l’amende est matériellement faible. Mais incommensurable sur le plan symbolique.

 

Cela signifie une fois de plus que les entreprises –ici, privées-, internalisent les profits et externalisent les coûts, dont celui de la légitime information en régime démocratique. Cela signifie qu’on laisse le droit être utilisé en faveur de l’immoral et de l’abject. Cela signifie qu’on préfère les je-ne-veux-rien-savoir, bouffis, assis sur leur croque-monsieur dégoulinants de ketchup, aux lanceurs d’alerte.

 

Car il ne faut pas se faire d’illusion : les cochons gazés, c’est eux, c’est loin, c’est pas grave. Et puis, c’est si bon, vraiment une douce folie, le cochon. Ben donc. Et si les cochons gazés, c’était en fait nous, vous, nous tous, dindons d’une sinistre farce qui n’a que trop duré ? Car qui anesthésie pour mieux tuer est certes dans les clous d’une loi inique, cherchant à concilier l’inconciliable (comment mieux tuer ?). Mais qui commet cet acte quitte derechef son statut d’humain. C’est une question de cruauté mais surtout de vérité. Et qui cache la vérité s’auto-exclut de l’Humanité.

 

Non, je vous le dis, rien n’est bon dans un cochon tué dans de telles conditions. Halte à ce qui nous déshonore. Ne pas vendre son âme pour un jambon-beurre. On vaut mieux que ça, on le sait. Alors pourquoi on n’agit pas, enfin pas plus ? Du bruit, on veut du bruit ! Et des images, enfin la vérité. Allez, maintenant que vous savez, soutenez-lez, soutenez qui vous savez.

 

 

©Yolaine de LocoBio

Octobre 2017

 
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