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Cogitations et actions
Chronique 87
04-07-2017

Le changement, était-ce donc maintenant ?

 

  

Serons-nous la génération condamnée à constater et pleurer l’irrattrapable ?

Plus j’avance et plus je m’interroge tant on voudrait faire de nous des gestionnaires et les fossoyeurs de nos propres tombes.

La guerre est bel et bien déclarée, mais pas celle que l’on croit.

Certes, pas de naïveté et de la fermeté. Mais alors la même pour tous ceux qui portent atteinte au vivant.

Et là, ça fait mal.

Car là, on s’aperçoit du deux poids deux mesures.

Là, on s’aperçoit combien elle ne vaut pas, la « Nature ».

Alors on s’interroge : mais pourquoi, alors que l’on sait, qu’on répète à tout va, oui, mais alors pourquoi rien, l’inaction, ou si peu… trop tard ?

On se tue à cette question, celle du changement, de ce qui bloque et de ce qui pourrait, admettons, nous sauver.

« Loin des sens, loin du cœur », répond la chercheuse –plus précisément l’écologue- Anne-Caroline Prévot, dans une récente interview à l’équipe du on-le-sait-gauchiste-bobo-et-à-ce-titre-très-inutile hebdomadaire Télérama. Selon elle, il est temps de dénaturaliser l’écologie, c’est-à-dire d’en enlever le monopole aux scientifiques des sciences « dures », dites « exactes », et très rationnelles. Il est temps de mettre un peu de pluridisciplinarité dans tout ça, d’y mêler un soupçon de psychologie.

Or que nous apprend cette discipline, et singulièrement l’un de ses domaines, la psychologie de la conservation ? Que nous pouvons très bien avoir des velléités de gestes écologiques, mais que la peur du rejet social, d’être associé au stéréotype puant de l’ex-baba cool puant tendance décroissant nous retient. Autre frein, observé en neurobiologie : qui transgresse les normes de son groupe social voit son amygdale augmenter, preuve que transgresser = danger. A ce compte-là, c’est sûr, mieux vaut rester coucher. Car couché, c’est bien connu, on risque moins… à moins que non… mais quand même si… et de toutes façons… c’est pas moi qui y suis, c’est bien loin… alors foin, merde !, de toutes ces ennuyeuses leçons. Car oui, un autre obstacle réside encore dans le cerveau (du coup, celui-là, c’est certain que sur ce point-ci, faudrait veiller à l’ « augmenter »). L’histoire, c’est que tant qu’on ne sent pas un danger proche et imminent… on ne bouge pas, on ne fait rien. Et évidemment, ça ne nous concerne pas.

En résumé, c’est la faute aux mécanismes mentaux. Donc vive la psychologie ! Pour ma part, certes, je ne peux que souscrire,  à défaut de tout à fait sourire. Et d’ailleurs, bientôt je vous entretiendrai d’un livre qui creuse ce sillon. Mais quand même, sérieusement, il faudrait arrêter de chercher, partout ailleurs toujours chercher. Car la clef de l’inaction, autant ne pas se le cacher, elle est POLITIQUE. Or qu’est-ce que la politique si ce n’est des rapports de force, de purs rapports de force ? Du coup, on gagnerait sans doute du temps, paramètre pour le moins important, à affronter la réalité. Et se demander : au fait, le « déni  environnemental » et « l’extinction de notre expérience de nature », bref notre insensibilité au fil des générations, cette profonde et si morbide mutation, qui y a intérêt ? Et donc qui l’engendre, la cultive, à défaut de semences vraiment positives ? Car certes, le manque d’éducation et un luxe d’inconscience freinent la sensibilisation à la catastrophe qui nous guette, mais quand même, soyons sérieux dans les minutes (années ?) qui nous restent. Et répondons. Qui prendra le risque de répondre à la seule vraie question ? Qui se démasquera et avouera que pour son business il a longtemps eu intérêt à la cultiver, cette morbide insensibilité ? Qui retournera sa veste de collabo, se fera lanceur d’alerte et, comme les Irène Frachon ou les intérimaires qui laissent trainer leur caméra dans les abattoirs, dira la vérité, abandonnera ses propres intérêts ?

On le voit, le chemin sera long pour que le changement s’impose. Et pourtant, c’est si dommage. Car, au fond, le chemin est si court, le changement est à notre portée. Il suffit juste qu’un certain nombre d’oligarques aux postes de certaines industries et aux vagues commandes politiques aient un sursaut d’éthique et de courage. Hors de cette condition, point de salut. Car il ne faut pas sous-estimer la fuite en avant des plus malveillants, à défaut d’inconscients.

D’un autre côté, on peut les aider à changer, il ne faut pas désespérer.

 

©Yolaine de LocoBio

4 juillet 2017

 

 

Références utiles :

Télérama, n°3519, 21 juin 2017… dans toutes les bonnes médiathèques de France et de ses contrées bizarres. Ou sur le Net, pour les plus débrouillards.

 

Le dernier livre, d’Anne-Caroline Prévot, codirigé avec la philosophe Cynthia Fleury : Le souci de la nature. Apprendre, inventer, gouverner. Editions du CNRS, 378 p., 25 euros.

 

Mais aussi, par les mêmes auteures : L’Exigence de la réconciliation. Biodiversité et société. Fayard, 2012.

 
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