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Cogitations et actions
Chronique 82
08-08-2016

Pour passer un bel été…

 

  

         pourquoi ne pas aller contempler les glaciers tant qu’il y en a encore (donc préférer les modes de transport doux pour y accéder, à commencer par ses propres pattes) ? La ville un peu hallucinante de Chamonix est précisément aux pieds de fameux glaciers qui méritent sans nul doute un pèlerinage estival : ce qu’il reste de la Mer de glace, mais surtout les Grands-Montets au-dessus du village d’Argentière et les Bossons au-dessus du village du même nom. A ce dernier endroit, une exposition gratuite proposée par le chalet-restaurant, ce qui n’est pas à bouder dans le coin car les prix sont plutôt élevés comme les sommets, cette auberge donne donc des infos variées sur le site. Idéal pour ceux qui veulent s’extraire de la vallée sans pour autant se lancer dans des courses folles.

Ensuite, dégustation possible de hot dogs dans le centre, tout près d’ailleurs d’une épicerie bio et des éditions Guérin. Pause agréable dans une rue tranquille, vivante, près de l’Arve toujours très remuante qui voit défiler chaque jour son lot de candidats au rafting et autres sensations fortes. L’accueil est en effet aussi efficace que chaleureux chez Cool Cats, rue des moulins. Des alternatives végétariennes agrémentent des saveurs qui font voyager loin, très loin, de l’Orient à l’Amérique latine.


En parlant d’alternative, le lac Léman, c’est pas mal aussi. Evian en particulier, avec la navette électro-solaire l’Agrion qui vous emmène en une quinzaine de minutes au Pré-Curieux. Là, vous attend une guide aussi pédagogue qu’à sa façon ferme et engagée. Pendant une visite d’une heure et demi, elle vous raconte l’histoire du lieu, une bâtisse privée de style colonial avec jardin d’agrément pour riches touristes transformée en site de sensibilisation à la biodiversité. Les Jardins de l’eau sont spécialement consacrés aux enjeux autour des zones humides qui ont beaucoup reculé partout dans le monde et en particulier dans les zones lacustres à forte pression immobilière. On passe de bassins à nénuphars en étang colonisé par une famille de castors. Cette année, les cosmos se font attendre mais les pois de senteur assurent, alors ça va ! Dans la demeure, les explications se poursuivent grâce à divers supports dont une maquette des plateaux et montagnes environnants. On peut aussi y acheter les carnets de voyage co-publiés par Gallimard et le Conservatoire du Littoral, fameux pour leurs aquarelles afin de partir à la découverte de divers endroits (du Marquenterre à la Réunion en passant par le lac du Bourget, tout un programme). De quoi préparer d’autres vacances, ma foi !


Dans le registre des lectures, et pour continuer sur le chapitre des glaciers, je recommande Dans les secrets de la mer de glace, par quatre experts dont Luc Moreau (éditions Esope, Chamonix). Vous aurez peut-être la chance de le croiser lors de l’une de ses conférences en continu, au fil de l’arrivée du fameux petit train rouge, sur la terrasse face aux Drus. Il y est question des variations du plus grand glacier français. Personnellement, j’avoue ne pas y comprendre grand-chose mais d’abord tout le monde n’est pas comme moi et en plus cela me fait rêver en tant qu’écrivain. Alors pourquoi se priver de si belles photos de paysages sculptés au fil du temps, d’expressions aussi suggestives que « le passage du col du Géant » ? Au fait, il y a aussi des infos sur d’autres glaciers et d’autres pays. De quoi, je vous le dis, préparer vos prochaines vacances… à moins que vous ne résistiez définitivement pas au (faux) silence de ces blocs si bleus aux silhouettes si éloquentes. Dans ce cas, c’est qu’Alain Corbin aura sans doute eu une influence positive sur vous, avec son Histoire du silence. De la Renaissance à nos jours (chez Albin Michel). Où il paraît, ah bon, que le silence est lui aussi en voie de disparition. Zut alors. Et qu’il faudrait urgemment, zut encore, rectifier le tir car le silence, non, c’est pas une maladie, c’est ni grave ni dangereux. Au contraire, vous savez quoi ? Chut, le silence, c’est la vie. Demandez donc aux séracs quand ils s’écroulent, si le silence c’est pas la vie 


Sur ce, Caton a dit : « Il n’y a point de danger à se taire, il peut y en avoir à parler ». Pas si sûr. Sinon, comment faire de bonnes révolutions ? Mais bon, parfois si. Alors bye bye et à nos amarres larguées.


Je vous souhaite un bel été, tout de silence, de fureurs, de soleil et de pénombre tressé.



©Yolaine de LocoBio

Août 2016

 
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