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Cogitations et actions
Chronique 54
23-10-2012
Le monde de demain serait-il déjà là ?

  

Une chose est certaine, c'est que ce monde meilleur, oui, n'ayons pas peur des mots et ne cédons pas à l'hyper-relativisme ambiant, certains participent activement à l'imaginer et à le faire advenir. Je pense notamment, et cette chronique lui est dédiée, au regretté Gilles Boisvert, disparu récemment et prématurément suite à un accident de la circulation qui tient encore de l'hallucination dans de nombreux esprits. Il est bien difficile, en quelques lignes, de rendre hommage à une personnalité si riche et chaleureuse tout en ayant des idées bien arrêtées et l'autorité pour les défendre, notamment auprès d'élus parfois longs à la détente.

  

Que dire de ce brun d'origine québécoise dont l'accent exotique et résolu résonne et résonnera encore longtemps dans nos têtes ? En quelques mots, qu'il fut l'inventeur de l'un de ces nouveaux métiers précieux pour changer concrètement le monde, à savoir conseiller en transports alternatifs. Fort de ses convictions et d'un incroyable dynamisme, il exerça logiquement des responsabilités qui ont contribué en peu d'années à modifier le paysage des transports doux dans le bassin chambérien. Il fut ainsi directeur de la Vélostation et dirigeait, au moment de son décès, l'agence Ecomobilité, laquelle œuvre aux côtés de partenaires dont l'agglomération aux plans de déplacements scolaires, entreprises ou à des services d'information aux usagers comme Mobil'Conseils afin de se déplacer sans voiture. Nos pensées vont à sa famille et à ses collègues, en espérant que les décideurs resteront plus que jamais sensibles à la nécessité de lever le pied sur les transports motorisés tant individuels que collectifs... ce qui semble assez peu le cas au vu du trafic sur la Voie Rapide Urbaine (VRU) et de la sous-exploitation - difficile, donc, de parler de développement- du transport par le rail des marchandises. Et oui, développer les alternatives en interne est une belle chose ; on peut à juste titre s'en gargariser. Reste à regarder à d'autres échelles et, là, surgissent bien des questions et demeurent bien des inquiétudes dans la région.


Pour devenir acteur de ce drôle de monde propre à toutes les transitions, il faut s'informer, se documenter, réfléchir, échanger sans esquiver. Et là, je dois dire que le niveau de réflexions de plus en plus nombreuses est élevé, ce qui prouve bien que l'économie alternative n'est pas une lubie marginale... donc, évidemment, à vite laisser de côté. Pour s'en convaincre, on peut se référer au court mais synthétique ouvrage Démondialiser ? de Louis Weber, aux Editions du Croquant (http://atheles.org/editionsducroquant). Ce livre fait le point sur un débat peut-être trop et mal médiatisé lors des primaires socialistes et ensuite de la campagne présidentielle. Chacun a en effet intérêt à ne pas le voir confisqué, donc potentiellement disqualifié, par une politisation excessive qui détournerait des vrais objectifs, à savoir disposer d'un fonctionnement économique réellement performant du point de vue humain. Si des questions demeurent, des points d'accord et des pistes d'action apparaissent nettement comme l'extension souhaitable de la mondialisation, au contraire, dans des domaines comme la lutte contre le réchauffement climatique, la gestion des ressources rares et la taxation des transactions financières. Redonner une place à la souveraineté populaire est un autre chantier, au même titre que relocaliser les systèmes productifs tout en réduisant les flux de capitaux et de marchandises. Dans une logique similaire d'explication des défis collectifs, les mêmes éditions proposent L'enjeu de la cotisation sociale par la sociologue Christine Jakse. Ou l'on s'aperçoit en le lisant que très technique, ce sujet est également très politique car il touche à la question du travail, du partage de la valeur ajoutée et... de l'équité dans nos sociétés modernes, mais aussi appauvries et largement délitées.


Beaucoup de manifestations qui se dérouleront à Grenoble (y aller en train, comme Elena Varécy qui écrivit un texte sur ce voyage juste à côté : http://depasserlesbornes.fr/dplb/la-grande-ville/) peuvent aussi éclairer votre frontale de bâtisseur. Dans la métropole dauphinoise, les initiatives d'éducation populaire fourmillent et, là encore, on ne peut qu'être frappé par le niveau élevé des propositions ; le tout restant gratuit ou de participation modique. Un jeudi par mois, et pour la 2ème année consécutive, la MNEI (Maison de la Nature et de l'Environnement de l'Isère) met ainsi en place des ateliers de réflexion sur des sujets d'actualité, assez polémiques, comme : « Pour un green deal ? » (janvier 2013) ou « Malthus avait-il raison ? » (mars 2013) ou bien « Obsolescence programmée, mythe ou réalité ? » (avril 2013). Le programme complet est sur http://www.mnei.fr/index.php/nos-activites/debats-dd. Toujours dans le même esprit d'ouverture à un large public, à noter, cette fois-ci à Lyon le samedi 17 novembre 2012, les Conversations avec Michel Serres autour de la nécessité d'un nouveau contrat naturel. Pour le déroulé de la journée, consulter http://entretiensdelacite.docforum-lyon.com et pour le livre de Michel Serres, paru dès les années 90 (que de retard avons-nous pris !...), se reporter à http://entretiensdelacite.docforum-lyon.com/2012/09/14/le-contrat-naturel-1990. N'oublions pas, tout de même, que Chambéry n'est pas en reste en matière de bonne vulgarisation; cela grâce à l'Association du Quartier Centre Ville où aura, par exemple, lieu en novembre une conférence sur les monnaies locales complémentaires (http://aqcv.typepad.com/blog/education-populaire-présentation.html).


Plus pointu et dans une optique de formation destinée aux dirigeants, afin de les aider à passer en mode opératoire, il faut également mentionner le lancement en janvier 2013 du « Cycle Rhônalpin d'Etudes Avancées en Développement Durable » (http://www.creadd.org). C'est rien moins que l'Ecole Nationale Supérieure qui lance cette formation innovante, en partenariat avec le réseau des Collèges des hautes études du développement durable (CHEDD), le pôle de recherche en environnement et développement durable Envirhônalp et l'Association des décideurs du développement durable de Rhône-Alpes (Club 3D). Attention ! Deux réunions d'information vont bientôt avoir lieu : le 25 octobre à Lyon et le 8 novembre à Grenoble.



Bon, après tout ça, je pense qu'il sera temps d'aller faire les courses et de tenir compte au mieux de tous les enseignements récoltés. Pensez alors à privilégier les produits bio et locaux, repérables grâce au logo « Charte Bio Rhône-Alpes » lancée voici maintenant deux ans par l'Organics Cluster (http://www.organics-cluster.fr), une association investie dans le développement du bio et à ce titre massivement soutenue par la Région. Sur http://www.biorhonealpes.fr/Les-entreprises-engagees.html, vous pouvez retrouver la liste actualisée des entreprises signataires de cette charte et donc les marques disponibles en magasin. Pour l'instant, et c'est à regretter, aucune entreprise des deux Savoie... mais cela sans nul doute viendra. Par ailleurs, sur http://www.biorhonealpes.fr/Les-Points-de-vente-Charte-Bio.html, vous pourrez prendre connaissance des lieux partenaires de cette opération certes de marketing, mais de celui-ci comme de la certification peut-on réellement et pour l'instant se passer ?


En voilà une question que vous pourrez poser à François Kohler, alias Tonton Livraison qui, sur Chambéry et dans les environs, peut faire vos courses, vous les apporter, mais aussi transporter des marchandises et être sollicité pour tout autre service à la demande à Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir . Le tout, bien sûr, à vélo.


Voici la boucle de cette chronique bouclée.

Reste à boucler la plus grande boucle.

On risque de pédaler pour cela encore longtemps, mais toutes ces initiatives laissent à penser que, peut-être, on pédale désormais moins dans le vide et plus sur la terre ferme.


©Yolaine de LocoBio

Octobre 2012

 
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